Filmez ce que vous voyez au travers d’une fenêtre de chez vous, et racontez un souvenir important.
Depuis 12 ans, je propose des ateliers de réalisation de films « Par ma fenêtre ». Le 1er confinement en 2020 nous ayant forcés à rester derrière nos fenêtres, cette plateforme est née.
Depuis un an et demi, de nombreux films sont réalisés de façon spontanée, ou dans le cadre de partenariats (médiathèque, lycée, festival, formations...). Chacun peut se saisir de ces créations, de leurs thématiques, en tant que créateur, spectateur, enseignant, médiateur...
Créer ces films, autant que les regarder, fait beaucoup de bien à ceux qui participent. Ce partage délicat du monde intérieur de chacun tisse ainsi des liens précieux, en profondeur. Le cinéma, qui devient un espace d’expression partagé, se réinvente. Dès lors qu’il s’ouvre aux images de chacun, il redevient un outil puissant pour se relier à soi-même et aux autres.
Revoir le Puy-de-Dôme
Je devais retourner en Auvergne vers la fin mars, et voici que le confinement m’enferme en région parisienne. A Clermont, j’aurais filmé ce que je vois de ma fenêtre chaque matin au petit déjeuner : le Puy-de-Dôme ! Il existe entre les Clermontois — et je me considère davantage Clermontoise que Francilienne — une affection pour ce géant, ce volcan endormi qui domine la ville et prend des formes et des couleurs si différentes d’un jour à l’autre, d’un angle à l’autre.
Je l’aurais filmé en me souvenant de la première fois où je suis entrée dans cet appartement en piteux état, que j’ai décidé sur-le-champ d’acheter à cause de la vue sur le volcan, justement. Je me serais souvenue des petits-déjeuners que je prends seule face à lui, riche de ce sentiment qui est aussi mon mot préféré : la plénitude. Je me serais souvenue des amoureux qui l’ont regardé par ma fenêtre et compris aussitôt pourquoi j’aime habiter là. Je l’aurais filmé en me souvenant des bruits du marché Saint-Pierre le matin quand arrivent les petits producteurs qui s’installent sur la place, et des éclats de rire des étudiants le soir, quand ils boivent un ou des derniers coups sur la place devant le Chapelier toqué, bistrot joyeux comme on sait les vivre là-bas.
Mais voilà : le confinement m’empêche de faire ce film, alors voici une photo, avec une seule légende, un seul souhait : Bientôt « REVOIR LE PUY-DE-DÔME ».